Une médaille qui ternit au bout de six mois n’a pas un problème de finition : elle a un problème d’accroche. La couche colorée que l’on voit n’est que la dernière de plusieurs couches superposées, et si la première n’adhère pas correctement au métal, tout ce qui suit se décolle ou s’oxyde. C’est précisément ce que contrôle la galvanoplastie, un enchaînement de neuf étapes que très peu de fournisseurs détaillent. Pour situer cette opération dans la fabrication complète, voir la page fabrication médaille.

Pourquoi neuf étapes et pas trois

Beaucoup d’ateliers annoncent un « placage or » ou un « nickel » en une ou deux opérations. Techniquement, c’est possible — et c’est exactement ce qui produit les médailles qui piquent ou qui pèlent après une saison.

La galvanoplastie remplit trois fonctions distinctes : nettoyer la pièce, construire une couche d’accroche, puis donner la couleur et la protection finale. Chacune de ces fonctions demande ses propres bains. Notre ligne en compte neuf, dans cet ordre.

ÉtapeOpérationParamètre cléRôle
1Dégraissage / déparaffinagebain chaudretire les résidus de démoulage
2Nettoyage ultrasonsbain à ultrasonsélimine les impuretés dans les creux
3Cuivrage alcalin500 secondescouche d’accroche sur le zinc
4Cuivrage acide20 à 60 minutesépaissit et lisse la sous-couche
5Coloration60 à 180 secondesapplique la teinte finale (or, nickel, cuivre…)
6Passivationbain de passivationbloque l’oxydation de surface
7Séchage100 °C pendant 40 minutesévacue l’humidité résiduelle
8Vernis de protectionapplication finaleprotège contre les frottements
9Décrochagedémontage des supportslibère les pièces finies

Les deux cuivrages : le cœur du système

C’est ici que se joue la durabilité de la médaille, et c’est aussi l’étape que l’on supprime en premier quand on veut baisser les coûts.

Le cuivrage alcalin dure 500 secondes. Le zinc est un métal difficile à plaquer directement : il réagit avec les bains acides. Le bain alcalin crée donc une première couche intermédiaire qui sert de pont entre le zinc et les couches suivantes. Sans elle, la finition n’adhère pas vraiment — elle se contente de recouvrir.

Le cuivrage acide dure ensuite 20 à 60 minutes. Il épaissit la sous-couche et, surtout, la lisse. C’est cette épaisseur qui absorbe les micro-défauts de surface et donne à la finition son aspect régulier. Une médaille au rendu « brillant mais irrégulier » manque typiquement de cuivrage acide.

À eux deux, ces deux bains représentent la majeure partie du temps passé dans la ligne. C’est un temps qui ne se voit pas sur la pièce finie, mais qui se voit trois ans plus tard.

La coloration : courte mais décisive

La coloration dure de 60 à 180 secondes, selon la teinte visée. C’est l’étape la plus visible : c’est elle qui donne l’or, le nickel, le cuivre, l’or rose, le chrome ou l’antique.

La durée n’est pas arbitraire. Une teinte dorée demande plus de temps qu’un nickel satiné. Et sur les finitions antiques ou bicolores, la coloration se combine à un masquage : certaines zones sont protégées pendant le bain pour conserver une teinte différente. C’est ce qui produit les pièces à deux tons.

Comme pour le cuivrage, la qualité de la coloration dépend entièrement des couches qui la précèdent. Une coloration appliquée sur une sous-couche irrégulière reproduira fidèlement… l’irrégularité.

Passivation, séchage et vernis

Les trois dernières étapes protègent ce qui vient d’être construit.

La passivation bloque l’oxydation de surface. Elle forme une couche qui ralentit la réaction du métal avec l’air et l’humidité, ce qui est déterminant pour une médaille portée en extérieur.

Le séchage à 100 °C pendant 40 minutes évacue l’humidité piégée dans les micro-creux. Une pièce mal séchée développe des cloques quelques semaines plus tard, quand l’eau résiduelle remonte sous la finition.

Le vernis de protection est appliqué en fin de course. Sur une médaille manipulée — remise de prix, pièce portée, objet de vitrine — il réduit l’effet des frottements sur la couche colorée. Notre page matériaux de médaille précise les finitions disponibles et leur tenue respective.

Ce que cela change pour vous

La galvanoplastie n’est pas un détail de fabrication : elle a des conséquences directes sur ce que vous recevez.

SituationSans cuivrage alcalinAvec la ligne complète
Pièce portée en extérieurternit en quelques moisreste stable plusieurs années
Pièce manipulée souventla finition se raye et pèlela finition résiste
Pièce stockée en cartonapparition de piqûrespas de piqûre
Pièce présentée en vitrineaspect irrégulierrendu homogène

C’est la raison pour laquelle, quand un devis est nettement moins cher que les autres, il faut demander combien de bains sont réellement effectués. La réponse est souvent révélatrice.

Les minima techniques à connaître

La galvanoplastie impose aussi ses propres contraintes de dessin, en amont.

Le remplissage d’émail, qui vient après la galvanoplastie, descend jusqu’à 0,3 mm de largeur de trait en émail souple et 0,5 mm en imitation émail dur. En dessous, la couleur ne remplit pas correctement les alvéoles. L’émail est ensuite cuit en deux temps : semi-durcissement entre 60 et 70 °C, durcissement complet à 100 °C.

En amont encore, la coulée détermine la qualité de la surface à plaquer. Nous coulons à 385 °C sous 88 tonnes de force de fermeture, avec 2 mm d’épaisseur de paroi minimale et un relief d’au moins 0,4 mm. Une surface bien formée se plaque bien ; une surface poreuse ou incomplète ne se rattrape pas.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la galvanoplastie, en une phrase ?

C’est le procédé qui dépose par électrolyse une ou plusieurs couches métalliques sur la pièce coulée, afin de lui donner sa couleur finale et de la protéger de la corrosion. Sur une médaille, elle intervient après la coulée et le polissage, avant le remplissage d’émail.

Pourquoi 500 secondes de cuivrage alcalin ?

Parce que le zinc ne se plaque pas directement en bain acide. Le bain alcalin crée une couche intermédiaire à laquelle les couches suivantes peuvent adhérer. En dessous d’une certaine durée, la couche est trop mince et n’assure plus son rôle d’accroche.

Combien de temps dure la galvanoplastie complète ?

Le cuivrage acide à lui seul occupe 20 à 60 minutes, auxquelles s’ajoutent le cuivrage alcalin, la coloration, la passivation et un séchage de 40 minutes à 100 °C. C’est une opération qui s’inscrit dans le délai global de production de 7 à 15 jours.

Une médaille peut-elle être dorée sans cuivre ?

Techniquement oui, mais la tenue est nettement moins bonne sur un substrat en zinc. La couche de cuivre n’est pas là pour l’esthétique : elle est là pour l’adhérence. La supprimer revient à économiser sur le poste qui garantit la durée de vie.

Pourquoi ma médaille a-t-elle des cloques après quelques semaines ?

C’est le signe classique d’un séchage incomplet ou d’un dégraissage insuffisant. L’humidité ou les résidus piégés sous la finition remontent en surface et forment des cloques. C’est un défaut de procédé, pas d’usage.

Quelles finitions sont disponibles ?

Or, nickel, cuivre, or rose, chrome, noir, antique, arc-en-ciel et bicolore. Le choix se fait selon l’usage : le nickel résiste naturellement mieux à la corrosion pour une pièce d’extérieur, l’or demande un vernis de protection.

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